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Michel Boyon : “La télévision française est la meilleure du monde”

Michel-Boyon

© tim douet

Alors qu’il sera remplacé par Olivier Schrameck dans une dizaine de jours, Michel Boyon a fait, lors de la présentation du “Baromètre de Perception de la Qualité des Programmes” (si, si… ça existe…) le bilan de ses six années passées à la tête du CSA. Fidèle à ses habitudes, il a prononcé un discours dévolu à sa propre gloire. Tout en prônant désormais “la redéfinition de la réarticulation des régulateurs”. Le tout le plus sérieusement du monde. La presse télé semble quant à elle conquise. Extraits.

“J’ai envie de dire, en partageant avec les trois collèges successifs et avec les services du Conseil qui sont très compétents, très précieux et très brillants, j’ai envie de dire, sur les six ans, mission accomplie. Sous différents aspects, finalement on a obtenu à peu près ce que nous souhaitions, qu’il s’agisse de la restructuration du paysage audiovisuel, à l’occasion notamment des occasions de concentrations, de regroupement, etc., qu’il s’agisse de la génération de la TNT, qu’il s’agisse de la préparation au numérique tous azimuts et pas simplement de la question de la TNT, mais toutes les conséquences de la génération de la numérisation a eu, ou aura, sur la conception des programmes, sur la fabrication et la réalisation des programmes, sur la manière dont la radio et la télévision sont acheminées.

J’ai envie de vous dire aussi que le CSA a réussi à créer avec les opérateurs audiovisuels, et pas simplement les chaînes, mais tous ceux qui gravitent autour de la radio et de la télévision, un climat qui, je n’hésite pas à le dire, n’avait jamais existé. Nous avons un dialogue constant et quotidien avec tout le monde, avec les chaînes, mais aussi avec les producteurs dans le cas de la télévision, mais aussi avec la filière technique, mais aussi avec les associations, sur un certain nombre des causes auxquelles le CSA est attaché, qu’il s’agisse de l’accessibilité aux programmes, qu’il s’agisse de la lute contre l’obésité, qu’il s’agisse de la prévention sanitaire, et notamment le thème de la diversité, probablement à mettre au premier plan, le fait que pour lui-même, le CSA ait été la première institution publique française à recevoir le label diversité à cause de sa gestion interne des ressources humaines, c’est quelque chose dont nous sommes extrêmement fiers.

Alors il y a d’autres points, et ce n’est pas le lieu, le moment, mais globalement, mission accomplie parce qu’on a fait à peu près ce que prévoyait la loi, et toutes les promesses et engagements que le CSA a pris au fil des ans, notamment à l’occasion des cérémonies de vœux, je l’ai vérifié, ils ont tous été tenus. Tous.(…)

Avec les contacts et les informations qui m’arrivent ici ou là notamment des pays européens, je crois que l’on peut dire, peut-être avec la télévision britannique, que la télévision française est la meilleure d’Europe et si elle est la meilleure d’Europe, c’est qu’elle est la meilleure du monde. N’hésitons pas à le dire. Faut-il partager ce podium avec la Grande-Bretagne ? Il y a dix ans je vous aurais dit, on est derrière la Grande-Bretagne, aujourd’hui, je suis moins convaincu, car je constate que même sur la BBC, on voit des émissions qui ne sont pas spécialement à l’honneur d’un service public. Je ne regarde pas suffisamment les chaînes anglaises pour avoir une opinion là dessus.

(…) Mais j’ai le sentiment du devoir accompli et j’ajoute que j’ai la plus grande confiance dans la poursuite de ce mouvement. Le CSA a beaucoup fait pendant ces six dernières années, il y aura des nouveaux sujets qui vont apparaître, j’ai la plus grande confiance dans mon successeur et dans les membres qui ont été désignés. Beaucoup de gens s’amusent à rapprocher les parcours professionnels d’Oliver Schrameck et de moi, ça va peut-être donner des envies à d’autres, mais je suis convaincu qu’il fera tout ce qu’il faut.

Reste un dernier point, c’est la question de la redéfinition de la réarticulation des régulateurs. Question compliquée, mais il ne faut pas trop tarder. Il n’y a pas d’urgence absolue, attendre rendra l’exercice plus compliqué et il ne faudrait pas que dans deux ou trois ans, on dise que la France n’a pas su prendre le train au bon moment. Ce n’est pas de l’insatisfaction, c’est de l’attente qui deviendra vigilance un peu plus tard, un peu inquiétude encore plus tard, mais je crois que le président de la République est déterminé à avancer sur ce dossier “

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